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L’édifice de l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, à Fredericton.

Régulation · 3 min.

Le Nouveau-Brunswick veut encadrer le casino en direct

L’édifice de l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, à Fredericton. · Bonusjungle illustration

Le Nouveau-Brunswick a déposé le projet de loi 8, qui donnerait à la province le pouvoir d’encadrer les jeux de casino en direct en ligne exploités par la société de loterie de la province ou par un organisme désigné par le gouvernement. Des règlements doivent suivre et, au 30 octobre, le communiqué du gouvernement ne donne aucune date de lancement.

Le Nouveau-Brunswick veut se doter du pouvoir légal d’encadrer les jeux de casino en direct en ligne. Le mardi 27 octobre, le gouvernement provincial a déposé à l’Assemblée législative le projet de loi 8, Loi modifiant la Loi sur la réglementation des jeux. Le projet de loi est parrainé par René Legacy, ministre des Finances et du Conseil du Trésor. Il a été lu une première fois le 27 octobre. Le débat de deuxième lecture a commencé le 28 octobre et a été ajourné ; au 30 octobre, le projet de loi n’a donc pas franchi l’étape de la deuxième lecture.

Le casino en direct, tel que le gouvernement le décrit, désigne des jeux de table en ligne auxquels on joue « en temps réel », sur le Web ou par téléphone, les croupiers et les autres joueurs étant de vraies personnes. Le gouvernement indique que la loi actuelle ne lui donne pas le pouvoir d’établir des règlements pour les casinos en direct. Selon lui, l’idée a été proposée par la Société des loteries de l’Atlantique (SLA), l’exploitant de loterie d’État appartenant aux quatre provinces de l’Atlantique.

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Ce que fait réellement le projet de loi

Le texte du projet de loi est court. Il définit une « loterie de casino en ligne » (online casino lottery scheme) comme une loterie comportant des jeux de type casino, tenue et gérée par la Société des loteries et des jeux du Nouveau-Brunswick au moyen d’une plateforme en ligne, et une « loterie de casino en direct » (live casino lottery scheme) comme une loterie de ce type dont les jeux sont animés ou présentés par une personne en direct. Il permet à cette Société, avec l’approbation du lieutenant-gouverneur en conseil (c’est-à-dire du Cabinet), de désigner une personne morale constituée par un accord interprovincial en matière de loterie (la définition de la SLA dans la Loi) comme organisme du gouvernement chargé d’exploiter une telle loterie au Nouveau-Brunswick. Le projet de loi ne nomme pas la Société des loteries de l’Atlantique. Il étend aussi les pouvoirs de réglementation et entre en vigueur par proclamation.

Deux points comptent pour les lecteurs :

  • Ce n’est pas un régime de licences privées. Le projet de loi vise les jeux exploités par la Société des loteries et des jeux du Nouveau-Brunswick ou par un organisme désigné par le gouvernement. Il n’ouvre pas le marché aux exploitants privés.
  • Rien ne change aujourd’hui. Le projet de loi entre en vigueur par proclamation. « Les règlements seront présentés à une date ultérieure », a indiqué le gouvernement. Au 30 octobre, le communiqué ne donne ni date de lancement, ni liste de fournisseurs, ni calendrier.

Le rapport annuel 2025-26 de la SLA indique que Casino en direct a été lancé dans deux autres provinces de l’Atlantique, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador, en décembre 2025, plus tard que prévu initialement. Le rapport ne mentionne pas le Nouveau-Brunswick.

Ce qu’ont dit les ministres

« Avec une plus grande diversité d’offres en ligne, les casinos en direct gagnent en popularité », a dit le ministre de la Sécurité publique, Robert Gauvin. « La réglementation de ces types de jeux offrira une solution de rechange plus sûre aux offres non réglementées dans la province. »

M. Legacy a affirmé que moderniser la loi, c’est « suivre l’évolution du jeu », et que cela permettra de s’assurer que « les nouvelles possibilités de jeu sont développées de manière responsable ».

L’argent derrière le projet

Le rapport annuel de la SLA pour l’exercice clos le 31 mars 2026 chiffre la part du Nouveau-Brunswick dans le bénéfice net de la société à 148,9 millions de dollars canadiens, contre 154,6 millions un an plus tôt, soit une baisse d’environ 3,7 % selon notre calcul. Pour l’ensemble des quatre provinces, la SLA a reversé 492,1 millions de dollars canadiens. Elle estime qu’environ 250 millions de dollars canadiens par an quittent le Canada atlantique, et pas seulement le Nouveau-Brunswick, via des exploitants en ligne illégaux.

Le jeu en ligne privé est une autre question. Le 19 octobre, M. Legacy a dit au Brunswick News que le gouvernement « explore des options pour réglementer les exploitants privés en ligne », sans donner de calendrier. Le projet de loi 8 ne le fait pas.

À notre lecture, c’est la version prudente de ce qu’ont fait l’Ontario et maintenant l’Alberta avec les exploitants privés : garder d’abord les nouveaux jeux sur la plateforme propre à la loterie provinciale et repousser le débat sur le marché privé. Le Québec mène un débat semblable.

Pour les lecteurs hors du Canada : il s’agit d’un changement provincial au Nouveau-Brunswick. Il n’a aucun effet sur les joueurs ni sur les exploitants ailleurs.