Régulation · 4 min.
Le nouveau gouvernement du Québec appuie des licences pour les casinos en ligne privés, mais seul Loto-Québec reste légal
7 oct. 2026 · Publié le 7 octobre 2026 · Élections du 5 octobre 2026
L'hôtel du Parlement, siège de l'Assemblée nationale du Québec, à Québec. · Bonusjungle illustration
Le Parti Québécois a remporté le 5 octobre les élections au Québec, province canadienne, et formera un gouvernement minoritaire. Son chef s'est dit prêt à reprendre le plan des libéraux : faire délivrer des licences aux sites de jeu en ligne privés par l'organisme de surveillance, la RACJ. Rien ne change encore pour les joueurs : Loto-Québec reste le seul casino en ligne et le seul site de paris sportifs légal au Québec, et il n'existe ni projet de loi, ni calendrier, ni taux d'imposition.
Le Québec, province canadienne, a un nouveau gouvernement, et ses deux plus grands partis disent désormais vouloir que les sites de jeux d'argent en ligne privés obtiennent une licence. Le Parti Québécois (PQ) a remporté les élections du lundi 5 octobre 2026 avec 59 des 127 sièges de l'Assemblée nationale du Québec, le parlement de la province. Il lui manque cinq sièges pour être majoritaire : son chef, Paul St-Pierre Plamondon, dirigera donc un gouvernement minoritaire. Le Parti libéral du Québec (PLQ) obtient 40 sièges et forme l'opposition officielle, le Parti conservateur du Québec (PCQ) en obtient 19 et Québec solidaire 9. La Coalition avenir Québec, au pouvoir jusqu'ici, a perdu tous ses sièges.
Pour les joueurs du Québec, la réponse pratique d'abord : rien n'a encore changé. La société d'État Loto-Québec (site Espacejeux) reste le seul exploitant autorisé à offrir des jeux de casino en ligne et des paris sportifs dans la province. Aucun projet de loi n'a été déposé, aucune date de lancement n'existe et aucun exploitant privé ne détient de licence en ligne au Québec. Pour les joueurs hors du Québec, ces élections ne changent rien.
Derniers casinos ajoutés
Ajouté le:
Offre de bienvenue: 100 % jusqu’à 500 €
35× bonus · €20
Ajouté le:
Offre de bienvenue: 100 % jusqu’à 750 € + 50 tours
35× bonus · €20
Ajouté le:
Offre de bienvenue: Pas d’offre de bienvenue
18+ · Liens affiliés. Nous pouvons percevoir une commission.
Ce que les partis ont proposé
Le plan le plus détaillé vient des libéraux. Le 9 septembre, leur chef, Charles Milliard, a proposé que toute plateforme de jeu en ligne qui sert des joueurs québécois détienne une licence provinciale. Sur son site, le PLQ s'engage à « élargir le mandat de la Régie des alcools, des courses et des jeux afin qu'elle accrédite et surveille l'ensemble des plateformes de jeu en ligne actives au Québec ». La Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ), l'organisme québécois de surveillance des alcools, des courses et des jeux, aurait donc un mandat élargi pour délivrer des licences à ces sites et les encadrer. Le plan prévoyait aussi des règles plus strictes sur la publicité, la prévention de la dépendance et le jeu des mineurs, un organisme indépendant sans but lucratif financé par l'industrie pour prévenir et traiter le jeu problématique, et une demande aux autorités québécoises des marchés financiers et des jeux d'examiner les marchés prédictifs.
Pendant la campagne, Paul St-Pierre Plamondon s'est dit prêt à reprendre cette approche. « M. Milliard dit, et il a raison, je me suis penché sur la question, que les paris sportifs en ligne au Québec, c'est le Far West », a-t-il déclaré dans une entrevue citée par Covers. « Des entreprises américaines arrivent, font de la publicité et opèrent sans encadrement. » Il a cité l'Ontario qui, selon lui, a assaini le secteur et perçu davantage d'impôts. Le PQ a aussi indiqué à Radio-Canada qu'il suivrait une approche réglementaire semblable.
Le nombre de sièges compte ici. Un gouvernement minoritaire a besoin des voix d'au moins un autre parti pour faire adopter une loi. Ensemble, le PQ et les libéraux détiennent 99 des 127 sièges : sur cette question précise, le nouveau gouvernement et l'opposition officielle sont du même côté.
Ce qui doit se passer avant toute ouverture
Une position commune en campagne n'est pas un cadre juridique, et les lacunes sont importantes. Lors de l'annonce du plan libéral, le cabinet d'avocats Segev LLP a relevé, selon Canada Gaming Review, qu'il ne précisait ni taux d'imposition ou de partage des revenus, ni calendrier, ni transition pour les exploitants qui servent déjà le Québec sans licence, ni position sur une éventuelle concurrence entre Loto-Québec et les nouveaux titulaires de licence.
Il y a aussi un problème de structure. Selon l'alinéa 207(1)a) du Code criminel du Canada, les provinces peuvent « mettre sur pied et exploiter » elles-mêmes les jeux d'argent. C'est pourquoi les deux provinces dont le marché est ouvert s'appuient chacune sur deux organismes. En Ontario, les exploitants privés s'inscrivent auprès de la Commission des alcools et des jeux de l'Ontario (CAJO, ou AGCO en anglais) et signent des ententes d'exploitation avec iGaming Ontario. L'Alberta a créé l'Alberta iGaming Corporation pour ce même rôle d'exploitation. Le plan libéral désignait la RACJ comme organisme de réglementation, mais aucun organisme provincial chargé de mettre sur pied et d'exploiter les jeux, et Segev a fait valoir qu'un modèle reposant uniquement sur des licences pourrait ne pas respecter la règle fédérale.
La Canadian Gaming Association (CGA), association canadienne de l'industrie du jeu, va dans le même sens. « Il est important de se rappeler qu'au Québec, Loto-Québec n'est pas réglementée par la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec (RACJ) », a déclaré sa première vice-présidente, Amanda Brewer, à Casino.org. « La province devrait donc créer un organisme de réglementation et probablement une entité d'exploitation comme iGO et AiGC. Je n'emploierais donc pas le mot "rapide" pour décrire ce qui pourrait se passer au Québec. »
La première date fixe est d'ordre parlementaire. Selon Radio-Canada, la 44e législature s'ouvrira le 17 novembre avec le discours d'ouverture du nouveau premier ministre du Québec. Ce discours montrera si le jeu en ligne figure parmi les premières priorités. Même ensuite, il faudrait un projet de loi, un vote, des règlements et un processus d'attribution des licences.
Les provinces voisines comme repère
L'Ontario a ouvert son marché privé en avril 2022 et compte aujourd'hui, selon Casino.org, 49 exploitants titulaires d'une licence et 84 sites. Le marché privé de l'Alberta a été lancé en juillet 2026 (voir notre article sur l'arrivée de Games Global en Alberta). L'expérience ontarienne montre aussi qu'ouvrir un marché soulève des questions de prévention des méfaits : selon une étude de l'ICES, les visites aux urgences liées au trouble du jeu en Ontario ont nettement dépassé les niveaux attendus après l'élargissement de 2022. Tout cadre québécois sera jugé sur ce point autant que sur les recettes fiscales.
Ce que cela signifie pour les joueurs du Québec
Pour l'instant, l'offre légale en ligne au Québec, c'est Loto-Québec, et un changement de gouvernement ne rend aucun autre site légal. Si un marché privé encadré par des licences voit le jour, il passera par une loi adoptée à l'Assemblée nationale du Québec et par une liste publique d'exploitants autorisés, et non par une annonce sur le site d'un casino. Nous en ferons état dès qu'un projet de loi sera déposé.
18+. Si le jeu ne ressemble plus à un passe-temps, consultez notre page sur le jeu responsable.
Aussi sur ce chemin
Références
- Radio-Canada: Le Parti québécois de PSPP remporte les élections, 5 octobre 2026 (répartition des sièges, majorité à 64 sièges, 28,0 % des voix, ouverture de la législature le 17 novembre)
- Élections Québec: Résultats des élections générales du 5 octobre 2026 (page officielle des résultats)
- Le Devoir: Coup d'œil sur les résultats en quatre graphiques, 6 octobre 2026 (sièges et taux de participation préliminaire)
- Canada Gaming Review: Quebec Liberal leader proposes licensing regime for online gaming, 20 septembre 2026 (détails du plan du 9 septembre, analyse de Segev LLP, estimations de parts de marché)
- Covers: Quebec election results open door for online sports betting overhaul, 6 octobre 2026 (citation de Paul St-Pierre Plamondon, propos de la QOGC, chiffre de l'Université de Lethbridge)
- Casino.org: Quebec election opens door to Ontario-style private iGaming market, 6 octobre 2026 (citation de la Canadian Gaming Association, chiffres de l'Ontario, chiffre Léger de Loto-Québec)
- igaming.org: Parti Québécois win boosts Quebec iGaming regulation prospects, 7 octobre 2026 (contexte)
